• Clinique Océane : un lock-out déguisé pour briser une grève !

     

    Clinique Océane : un lock-out déguisé pour briser une grève !Le directeur de la Clinique Océane (clinique psychiatrique), vient d'apporter un démenti cinglant aux libéraux, dont fait partie le maire du Havre, qui nous serinent, peu importe la couleur de l'offre de soins- privée ou  publique, l'essentiel est qu'elle existe.

    Imagine-t-on que l'hôpital public ferme ses lits et renvoie tous les patients, du jour au lendemain, pour cause de grève ? Évidemment non. Personne ne l'imagine, l’hôpital étant tenu  à assurer sa mission de service qui passe par la continuité de service.

    C'est pourtant ce que s'est permis de faire la Clinique Océane, sous couvert d'une décision préfectorale au nom de la sécurité sanitaire, 51 patients renvoyés chez eux ou transférés du jour au lendemain. Un lock-out déguisé pour briser une grève.

    Face à cela la municipalité d'Edouard Philippe, la direction de l'ARS (Agence Régionale de Santé), aux silences gênés, aux réactions publiques pour l’instant discrètes.

    C'est pourtant bien Edouard Philippe et son équipe qui ont déroulé le tapis rouge (ligne de tramway aboutissant à la porte de l'Hôpital Privé de l'Estuaire et de la Clinique Océane, défiscalisation pour plusieurs années…) à la Générale de Santé qui a depuis été achetée et a fusionné avec la filiale Ramsay Santé du groupe australien Ramsay Health Care.

     C'est pourtant bien l'ARS, qui depuis des années œuvre dans la Zone Estuaire, tout en réduisant les moyens pour le secteur public (comme l'ont dénoncé les Perchés de Janet), pour le développement du secteur privé.

    Pourquoi le personnel de la clinique a-t-il osé se mettre en grève ? Depuis des années l'obsession des dirigeants de Ramsay est la réduction de ce qu'ils appellent les coûts salariaux. Depuis 2012 c'est austérité salariale et suppression d'effectifs en guise de politique sociale. La seule chose qui augmente ce sont les salaires des dirigeants. En 2015, Mediapart révélait que, le directeur général, Pascal Roché, passé par AXA et la Barclay's, s'était vu augmenter son salaire de + 60 % pour le porter à près d'1 million 250 000 euros par an. La seule chose qui est garantie c'est la progression d'un pourcentage à deux chiffres des dividendes versés aux actionnaires.

     Et là, ce groupe à dimension européenne, implanté dans 6 pays (France, Italie, Allemagne, Suède, Danemark, Norvège), ne dédaigne pas le versement des aides publiques au travers du CICE avec le versement de 24 millions d'euros par an. Raison de plus pour exiger des comptes, intervenir pour qu'il ne maltraite pas ses salariés ! Les conseillers régionaux du groupe « Communiste et Front de Gauche », ont demandé à l'ARS qu’elle agisse rapidement et organise une médiation entre la direction et les personnels. Espérons qu’elle daignera répondre aux demandes des élus.

    Le Crédit Agricole doit aussi être interpellé. Au travers de sa filiale Predica (leader en 2ème position de l'assurance vie en France), il est l'un des actionnaires principaux de Ramsay Sante.

    Ils sont donc deux groupes qui à eux seuls détiennent 92 % du capital ; 91% des droits de vote : Ramsay Health Care (53,5 %), Crédit Agricole (39,6 %)

    La crise sanitaire a rappelé opportunément :

    • La santé ne doit pas être marchandisée, livrée à ces groupes financiers qui prospèrent sur le dos de la Sécurité Sociale et des mutuelles. Ce conflit met la lumière sur les choix autres faits par les gouvernements successifs et la municipalité de droite.
    • Les personnels du public comme du privé sont en première ligne pour protéger la population des risques sanitaires et qu'ils n'ont ni les salaires ni des conditions de travail souhaitables.

     

    Cela rend d'autant plus scandaleux ce comportement patronal actuel de Ramsay Santé.

    Les représentants des salariés ont été reçus à la mairie du Havre, à la Sous préfecture le 15 juillet, seront reçus à la direction du Groupe Ramsay Santé à Paris ce 17 juillet. Ils sont soutenus par la CGT et SUD/Solidaires. Nous soutenons leur demande de rattrapage des pertes de pouvoir d'achat, et de retour aux effectifs supprimés depuis l'ouverture, leur exigence au respect des droits des salariés et avons manifesté concrètement notre soutien sur le plan financier par un don de 200 euros à leur caisse de grève.

     P.C.

    DERNIÈRE MINUTE, 17h30 le 17 juillet :

    La négociation toujours en cours à Paris a démarré à 8H30.

    Au vu des résultats on s'acheminerait sur une reprise de travail dès samedi 18 juillet avec des entrées à raison de 5 par jour comme cela se passe habituellement. Les entrées commenceraient exceptionnellement dès samedi alors qu'elles n'ont pas lieu habituellement le Week-end.

    En dehors des +160 euros/ mois prévus dans le cadre du Ségur de la santé à compter du 01/ 09/2020 versés le 01/ 01/ 2021, Ramsay attend les décisions de la branche Fédération Hospitalière Générale pour savoir s'il va au-delà de cette somme.

    La prime de soins versée aux IDE et aux AS est majorée de 50 euros par mois, la prime d'assiduité est majorée de 280 euros (les arrêts maladie la remettent en question sur la base d'un ratio mensuel). Elle passe à 1280 euros sur l'année.

    Une prime de transport en véhicule personnel est attribuée en fonction de l'éloignement domicile travail : 200 euros par an au-delà de 10 km, 100 euros par an en deçà de 10km.

    La direction s'est engagée au maintien des effectifs, à l'augmentation du budget de formation permanente, à organiser le décompte des heures supplémentaires sur des cycles de 4 semaines et non de 7 semaines et à envoyer les arrêts maladie dans un délai maximum de 96 H à la CPAM. [note personnelle : il s'agirait plutôt de l'attestation de salaire en cas d'arrêt maladie, car s'agissant des arrêts maladie proprement dits, c'est le salarié qui l'envoie directement sous 48h. Pour les accidents de travail, c'est l'employeur, mais obligatoirement sous 24h]

    A suivre. Attendons le protocole de fin de conflit, qui, si mes informations sont bonnes, n'a pas encore tranché sur le paiement des jours de grèves et autres sujets importants comme celui-là

    (crédit photo : Louise Boutard, Paris Normandie, édition du 17 juillet)

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  • Commentaires

    1
    jacques
    Vendredi 17 Juillet à 20:06

    Incroyable! j'étais si pessimiste. La lutte paye !  Au noms du syndical SUD/Solidaire, Bravo au personnel de santé de la clinique Océane et à votre ténacité!

    Une bonne leçon pour l'avenir, ne lâchez rien... je vous embrasse sans entraves ni barrières... 

    Jacques

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