• Bilan du mandat d'élu régional de Gilles Houdouin et perspectives

    Nous reproduisons ci-dessous l'article paru sur le site de Gilles Houdouin "Ensemble nous sommes tout !"

    faisant le bilan de ses six ans de mandat et traçant des perspectives.

    Six ans de mandat : bilan et perspectives

    Dans quelques jours, je ne serai plus conseiller régional. Plusieurs raisons à cela : le fait qu’à Ensemble !, nous sommes pour la rotation des mandats, et que je n’habite plus en Normandie, ce changement de région étant prévu de longue date lorsque l’heure de la retraite aurait sonné. Mais il y a une autre raison, indépendante de ma volonté et de celle d’Ensemble !, sur laquelle je reviendrai tout à l’heure.

    Avant de donner mon sentiment sur les listes en présence et la manière dont elles ont été constituées par les états-majors, il est souhaitable de faire un bilan de ces six années passées dans l’opposition régionale.

    SIX ANS DE PRÉSIDENCE « MORIN » : QUEL BILAN ?

    Tout d’abord, au niveau du fonctionnement du conseil régional, ce fut le règne de l’anti-démocratie. Oh, certes ! il y avait bien un vernis démocratique qui, par exemple, accordait le même temps de parole à tous les groupes pour les déclarations de politique générale ; mais sur les décisions importante, ce fut le règne du grand n’importe quoi : les décisions, toutes les décisions, qui devaient être prises en assemblée plénière le lundi étaient annoncées à la presse le vendredi précédent, et déjà quasiment mises en œuvre. Hervé Morin jouait sur du velours car il avait à sa botte la majorité de l’assemblée. Pour quelques vice-président-e-s qui, manifestement connaissaient leurs dossiers et ont fait preuve de compétences, dans la voie politique qui était la leur bien sûr, combien de godillots qui ont passé six ans à lever la main sur ordre du chef ? Je suis incapable de citer le nom, voire de visualiser les têtes de certain-e-s, qui n’ont jamais ouvert la bouche. Mais soyons clairs : d’autres, à l’extrême-droite de l’hémicycle, l’ont trop souvent ouverte lorsqu’il aurait été souhaitable qu’ils/elles la ferment ! (rions un peu : https://www.youtube.com/watch?v=-bMRisIi1vc, à 2h17’36’')

    En ce qui concerne le budget, là où d’autres régions prévoyaient plusieurs jours pour le discuter et le voter poste par poste, en Normandie ce fut, chaque année, un vote bloqué bâclé en à peine deux heures.

    Enfin, le bilan de la démocratie ne serait pas complet si l’on n’évoquait pas le CESER, conseil économique, social et environnemental régional. Ce conseil, constitué de divers collèges, représentant les syndicats, des associations, les « forces vives » de la région, est chargé de donner son avis sur les délibérations les plus importantes. Sous la mandature « Morin », son président était Jean-Luc Léger. Le CESER a produit pendant cette période des dizaines d’avis et de rapports circonstanciés, lors de réunions de commissions, ou de réunions plénières. Un sacré travail, effectué consciencieusement. Résultat : malgré le fait que bien souvent nous avons mentionné ces avis du CESER, très souvent pertinents, lors des réunions de commission du conseil régional, en demandant qu’ils soient pris en compte, ou au moins étudiés, AUCUNE délibération n’a été modifiée au cours des six ans de mandatures. Entre les projets que nous recevions une quinzaine de jours avant, et celles que nous votions, aucun mot, aucune phrase n’a jamais été modifiée, alors qu’entre-temps, le CESER et les commissions du conseil régional s’étaient réunies.

    Sur le fond, ce fut le mandat où sur simple demande de l’enseignement privé, des millions d’euros leur furent accordés, de même qu’à des centaines d’entreprises, pas forcément dans le besoin, sans qu’aucune contrepartie leur soit demandée, malgré nos demandes répétées, que ce soit contreparties en termes d’emploi ou de transition écologique. Ce fut le mandat pendant lequel les trains intercités furent régionalisés, à grands frais, sans que cela n’influe sur la qualité du service ou du réseau, bien au contraire puisque des gares ou des guichets furent fermés un peu partout sur le territoire. Des portiques « anti-fraude » ont été mis en place sur les quais de Saint-Lazare (bientôt à Evreux et au Havre, et plus tard à Rouen lorsque la nouvelle gare sera construite) à des coûts exorbitants. Ce fut le mandat au cours duquel des IFAS (instituts de formation d’aides-soignants) et des IFSI (instituts de formation en soins infirmiers), furent fermés, ainsi par ailleurs que des maternités. Ce fut le mandat au cours duquel des entreprises phares telles que Lafarge à Saint-Vigor d’Ymonville, furent fermées dans l’indifférence totale de la région. Enfin, nous avons entendu le « numérique » à toutes les sauces, remède universel à tous les dysfonctionnements, alors même que d’immenses zones blanches existent encore sur le territoire normand.

    Quelques projets intéressants néanmoins : le projet ARCHADE à Caen, centre de traitement et de recherche en hadronthérapie, et le projet de ferme hydrolienne dans le raz Blanchard, en collaboration avec Naval Group, de Cherbourg. Projet torpillé par le gouvernement qui a décidé en 2018  du jour au lendemain de retirer ses capitaux, obligeant la région à nouer un partenariat avec l’entreprise anglaise SIMEC Atlantios Energy. Le feu vert pour le projet a finalement été obtenu en juillet 2020.

    MON BILAN PERSONNEL

    Mon bilan en tant qu’élu d’opposition, au sein du groupe « communiste et front de gauche », est assez mitigé. Il est déjà beaucoup moins motivant d’être élu dans l’opposition, fut-elle constructive, que dans la majorité, où, forcément, le travail est plus enthousiasmant puisqu’il consiste à mettre en œuvre ce en quoi l’on croit et pour quoi on a été élu.

    Malgré un bon fonctionnement du groupe, grâce à des réunions régulières qui nous ont permis de nous répartir les interventions sur tous les sujets importants, nous n’avons réussi à obtenir que peu de choses : l’augmentation des indemnités des élèves infirmier-e-s lorsqu’ils et elles sont en stage en situation. Hormis cela, toutes les suggestions que nous avons pu faire ont subi le même sort que les avis du CESER : passées par pertes et profit. La presse n’étant en général présente qu’en début de séance pour l’allocution du chef. Les journalistes les plus courageux-euses (ou les débutant-e-s !) étaient encore présent-e-s pour les déclarations de politique générale des président-e-s de groupe. C’est à ce moment-là que nous pouvions espérer que quelques bribes de nos interventions paraissent dans la presse. Le reste du temps, nous nous sommes fait plaisir à faire nos interventions, à nous écouter mutuellement, à hurler de rire en entendant les inepties du RN. Rien de bien enthousiasmant au final. Mais c’est le lot de tout minoritaire, lorsque la démocratie est bafouée par la majorité.

    Je faisais partie de la commission « économie et enseignement supérieur et recherche ». J’ai mis un point d’honneur à participer à toutes celles auxquelles mes obligations professionnelles m’autorisaient à participer. L’immense majorité. Combien de fois me suis-je déplacé à Caen (2h15/30 de route, aller-retour) pour assister un commission qui durait 1/2h, voire 20 minutes ?? Ici aussi, dans ces instances, j’ai très souvent demandé que les aides aux entreprises soient conditionnées à des contreparties, soit en terme d’emplois créés, soit en terme d’innovations ou d’investissement dans le domaine de l’écologie. Que ces aides soient suivies, et non versées sans contrôle. On m’a souvent répondu : « ne vous inquiétez pas, nous ne donnons rien sans contrôle ». Peut-être. Je ne sais pas. Car nous n’avons jamais eu de bilan, hormis quelques éléments d’ordre macroscopique, qui ne permettaient pas d’évaluer la pertinence de ces aides, au cas par cas.

    A côté de ces obligations institutionnelles, j’ai pu néanmoins rencontrer des salarié-e-s en lutte, et leur apporter mon soutien, tant en courriers pour les maire, préfet ou ministres, qu’en chèques de soutien prélevés sur mes indemnités lorsque les grèves duraient et menaçaient de s’essouffler. Ces rencontres constituent le côté de loin le plus intéressant, et le plus utile, du mandat.

    Je n’oublie pas non plus que ce mandat s’est terminé en queue de poisson, du fait du Covid. La dernière assemblée plénière à laquelle j’ai pu participer a eu lieu le 12 octobre 2020. Entretemps, certaines réunions n’ont pu être suivies que par la moitié des conseiller-e-s, président-e de groupe compris. Depuis plus d’un an donc, ma présence n’a pu être qu’épisodique.

    LES ÉLECTIONS DE JUIN 2021

    Il me reste à livrer mon ressenti sur les élections qui vont avoir lieu dans quelques jours, et surtout sur la manière dont se sont montées les listes soumises à vos suffrages.

    Entre décembre 2015, début de mon mandat, et juin 2021, beaucoup de méthodes politiques ont changé.

    Tout d’abord, l’irruption des Gilets Jaunes dans la vie politique a changé la donne, et certains groupes politiques, certaines personnalités politiques, ont bien compris que désormais, il fallait compter avec les citoyennes et citoyens, et que plus rien ne pourrait se faire sans eux et elles. Pour les élections municipales, de belles initiatives unitaires ont eu lieu, entre les citoyen-ne-s et beaucoup de formations politiques de gauche. Pour ne citer que celles que je connais le mieux : « Un Havre Citoyen », qui aurait sans doute pu remporter la mairie si le confinement du 16 mars n’était pas venu briser l’élan, ou « Ensemble pour Sotteville ». Après les départementales de 2015 qui avaient également vu en Seine-Maritime, sur l’ensemble du département, une répartition et un mixage des binômes entre le PCF, Ensemble ! , EELV et Nouvelle Donne, on aurait donc pu s’attendre à la reconduite d’une telle organisation, en y intégrant cette fois les citoyen-ne-s, tant au niveau départemental qu’au niveau régional.

    Au niveau des départementales, les règles du vote sont telles qu’il faut obtenir au premier tour 12,5% des inscrits pour prétendre figurer au second tour (à moins qu’aucune des candidatures ne les obtienne). Avec la poussée prévisible du RN, d’une part, et de l’abstention d’autre part, c’est une gageure pour la gauche, s’il n’y a pas présence d’une seule liste dès le premier tour.

    Nous ne sommes pas dans une situation de poussée des revendications ouvrières, dans une période où le mouvement ouvrier, ou salarié plus largement, est en position offensive. Cela n’a échappé à personne. Nous sommes plutôt sur la défensive, obligés de répondre coup pour coup aux attaques du libéralisme, orchestrées par LREM, LR, RN et leurs alliés.

    Certes ces attaques ont commencé bien avant, et le PS de François Hollande nous avait bien savonné la planche, entrainant plus d’un ou une d’entre nous vers l’écœurement, le dégoût et l’abstention.

    Il n’empêche que, pour ces élections, tant départementales que régionales, nous pouvions faire cause commune, que ce soit le PCF, France Insoumise, le PS, EELV, Ensemble !, GDS, et les citoyen-ne-s, à partir du moment où aucun parti n’était en position de revendiquer l’hégémonie sur la liste régionale ou les binômes départementaux. Ce qui, de fait, interdisait au PS de pratiquer au niveau du département ou de la région une politique « Hollandiste », c’est-à-dire sociétale, mais pas sociale. Cela aurait eu l’énorme avantage de la clarté : mêmes alliances sur les listes régionales que dans les départements.

    Au lieu de cela, nous avons aujourd’hui un galimatias incompréhensible : Nous avons d’un côté les Verts qui, sous prétexte que Sébastien Jumel a voté pour la poursuite du glyphosate et qu’il est pro-nucléaire convaincu, a refusé l’alliance avec le PCF. EELV a préféré faire alliance avec le PS, qui, comme chacun sait, n’a jamais été pro-nucléaire ! A qui va-t-on faire croire qu’il ne s’agit pas d’une alliance de circonstance dans le seul but d’avoir des places ? De l’autre côté, nous avons une liste PCF-LFI qui, d’une part, prétend être LA liste de la gauche combative. Pour des raisons que j’ignore, aussi bien Ensemble ! – malgré une collaboration qui dure depuis l’élection de Michelle Ernis au conseil régional du Haute-Normandie en 2010 – que d’autres formations comme GDS, ont été exclues des négociations et de toutes les discussions en vue de ces élections. Comme vous avez pu le constater, la « gauche combative » préfère s’acoquiner avec le groupuscule bourgeois qui s’appelle Radicaux de Gauche ! Très combatifs en effet ! Vous avez pu les voir très souvent devant vos entreprises en lutte, ainsi que dans les manifs !

    Quant aux élections départementales, c’est le summum : en Seine-Maritime, sauf dans quatre cantons du Havre sur six, le PCF est opposé au PS, alors que dans le calvados, ils « partent » ensemble ! Dans un canton éventuellement gagnable du Havre, un binôme Radical de gauche s’est déclaré contre le binôme PCF-FI. Pourtant, ne sont-ils pas alliés sur la liste régionale ? En représailles, le PCF a suscité une candidature citoyenne dans un autre canton à priori imprenable pour la gauche radicale, contre le binôme PS-EELV, mettant par là même en porte-à-faux l’association « Un Havre Citoyen » dont fait partie la candidate citoyenne sollicitée, alors que l’association n’a jamais été contactée pour participer aux négociations. Mortifère ! Pour quoi ? pour rien ! Dans le canton de Sotteville-les-Rouen, un adjoint PCF du maire de Saint-Etienne-du-Rouvray (que je salue : bonjour Joachim), affronte... une adjointe PS du même maire. Grotesque !

    Où allons-nous ? Dans ces élections pour lesquelles le taux d’abstention promet d’être énorme, c’est une défaite assurée pour l’ensemble de la gauche. Pour la région, on s’achemine vers un duo de tête Hervé Morin / Nicolas Bay. Au second tour, en admettant, ce qui est tout de même souhaitable, que les deux listes de gauche qui nous rassemblent – pas tous – et qui nous ressemblent – pas vraiment – arrivent à fusionner, cette liste arrivera de toutes manières en troisième position qu’il s’agisse d’une triangulaire (fusion de LREM avec Morin) ou d’une quadrangulaire. Dans tous les cas, la liste PS/EELV obtient au premier tour deux fois plus de voix que la liste PCF/LFI, ce qui, au second tour, donnera pour cette dernière 4 à 5 élu-e-s sur l’ensemble de la région. Pas mieux qu’en 2015 ! Quel gâchis !

    Nous avions, à Ensemble ! dès septembre 2020, organisé des rencontres auxquelles avaient participé une large frange de la gauche : PCF, EELV, France Insoumise, Génération-s, GDS, Ensemble !, dans le but de proposer des candidatures unitaires, sur un programme commun pas très compliqué à mettre en place dans la mesure où tout le monde aujourd’hui est bien conscient de la nécessité des trois urgences : écologique, sociale, démocratique. Un consensus semblait s’être établi là-dessus. Après les deux premières réunions, le second confinement a interrompu le processus, que personne d’autre que nous n’a manifestement souhaité reprendre. Entre temps, le PS (ou plutôt les divers courants du PS) s’était mis dans la course, jouant les trouble-fêtes. Certains parmi eux auraient pu être accessibles à l’idée d’une liste commune dès le premier tour. D’autres, les plus à droite du parti qui ont finalement gagné le bras de fer interne, ne pouvaient l’être.

    Nous avons également participé à un appel, avec des élu-e-s de Sotteville-les-Rouen et du Havre, et des citoyen-ne-s de toute la Seine-Maritime, appelant à l’unité pour gagner (http://gilles-houdouin.eklablog.com/elections-regionales-et-departementales-appel-a-l-unite-pour-gagner-a206482412). C’était en février 2021. Rien alors n’était joué, et il était encore possible de se mettre d’accord.

    Nous avons demandé des rencontres, aux deux listes alors pressenties. Seuls le silence et le mépris nous ont répondu. Qu’Ensemble ait été méprisé, soit. Je le comprends difficilement car tant en termes de programme, d’investissement, que ce soit au sein du Conseil Régional que dans les luttes, nous avons un poids autrement plus important que les sociaux-libéraux du PRG, mais ce n’est pas grave, on s’en remettra. Mais que les citoyen-ne-s et leurs associations aient été balayé-e-s d’un revers de main est beaucoup moins acceptable. Les vieilles méthodes que l’on croyait éteintes ont été réveillé-e-s : les formations politiques sont allées chercher les quelques citoyen-ne-s qui leur semblaient les plus à même de boucher les trous. La pêche à la ligne, au lieu de respecter la souveraineté citoyenne.

    Je le répète : je peux comprendre qu’Ensemble ! ait été ignoré. Il n’empêche que, venant de gens avec qui j’ai collaboré sans arrières pensées pendant 6 ans, cela peut être vexant.

    J’ai participé à la campagne de Jean-Paul Lecoq pour les municipales 2020, au Havre, et j’ai la prétention de penser que ce qui avait été mis en place à ce moment-là, sur la ville la plus peuplée de Normandie, pouvait être réitéré sur les départements et la région, à condition de le vouloir et d’accepter que telle ou telle formation politique ait un peu moins de places, et de reconnaitre enfin que les citoyen-ne-s méritent une place prépondérante dans le jeu politique, au sens noble du terme. Au lieu de cela, nous allons vers une catastrophe à peu près inéluctable, sauf miracle. Je ne crois pas aux miracles.

    Alors ? Que voter ? Je ne vais pas donner de consigne de vote. Je ne suis pas assez outrecuidant pour penser que cela pourrait avoir un intérêt ou une importance. La seule consigne que je puisse donner est celle-ci : Quel que soit votre département ou votre canton, il est primordial de battre la politique ultra-libérale mise en place par les gouvernements qui se sont succédés depuis vingt-cinq ans. Et pour cela, il est impératif de voter pour le binôme, ou la liste, que vous pensez être la plus à même de se battre, pas seulement au sein d’une assemblée, mais aussi au quotidien, pour vos intérêts, contre cette politique, qui fait aussi le lit de l’extrême droite. Cette dernière est aujourd’hui à l’offensive, que ce soit dans les médias (Zemmour), dans la police (manifs contre l’assemblée nationale), dans l’armée (les généraux factieux), au point que Marine Le Pen n’a même pas besoin de parler pour que ses idées s’expriment. La menace n’est pas à prendre à la légère...

    Merci à tous ceux et toutes celles qui m’ont lu et ont apprécié mon travail au cours de ces six années.

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