• Paul Réguer

    Paul RéguerNotre camarade Paul REGUER vient de s’éteindre, cette nuit, dans sa 92ème année.

    Né le 27 juin 1928 dans le Finistère, il eut une vie politique bien remplie : adhérent de la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC) en l’été 1941 à Morlaix, ce fut pour lui le début d’une activité militante d’action catholique. Dès son arrivée au Havre en 1949, Il fut membre de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC). En 1953, avec Christiane, son épouse, il rentra à l’Action catholique ouvrière (ACO).

    Il participa à la Nouvelle Gauche en 1953. C’est au mois de Mai 1954 que naquit le Comité de Liaison et d’Initiative de la Nouvelle Gauche. Il regroupait le CAGI (Centre d’Action des Gauches Indépendantes), la Jeune République et l’Union Progressiste. C’est en 1955 que se créa au plan national le Mouvement Uni de la Nouvelle Gauche qui rassemble la totalité du CAGI, une partie de l’Union Progressiste et de la Jeune République, les groupes régionaux et locaux se réclamant de la Nouvelle Gauche, dont celui du Havre. Paul Réguer devint membre de l’Union de la Gauche Socialiste (UGS).

    Les 7 et 8 Décembre 1957 se tient le congrès constitutif de l’UGS qui va regrouper les 2 000 membres de la Nouvelle Gauche, la majorité de la Jeune République (61 %), les 4 000 militants du MLP (Mouvement de Libération du Peuple) né d’une scission en mars 1951 du Mouvement Populaire des Familles (MPF) lui-même né d’une transformation de la LOC (Ligue Ouvrière Chrétienne), des groupes venant de la SFIO., des anciens du PCF.

    Le Parti socialiste unifié (PSU) naquit le 3 avril 1960 au Congrès d’Issy-Les-Moulineaux de la fusion de l’UGS, du PSA et de Tribune du Communisme.

    En mars 1965, Paul Réguer, avec 6 autres membres du PSU, devint conseiller municipal sur la liste conduite par René Cance (PCF).

    En 1967, Paul Réguer fut candidat à l’élection cantonale dans le 2° canton du Havre délimité à l’époque par la rue de Paris, le Boulevard de Strasbourg, le cours Chevalier de la Barre (Prolongement sud du Cours de la République). Le « cœur » de ce canton était le quartier Saint-François (village dans la ville) où il habitait à cette époque. Cette qualité de « citoyen de Saint-François » valu au PSU d’atteindre 8 % des exprimés (12 % dans son bureau de vote de Saint-François « intra-muros »), dans un canton traditionnellement tenu par la droite.

    En 1968, il participa activement à la campagne « un bateau pour le Vietnam » qui partit du Havre.

    Il fut arrêté par la police havraise en 1970, alors qu’il était élu, avec Louis Pointier pour la vente, au Rond-Point (un quartier du Havre), de La cause du peuple, par solidarité contre une mesure de répression. Il fut libéré notamment après l’intervention de René Cance, maire communiste du Havre.

    Paul Réguer suivit à la lettre la décision du PSU de ne pas figurer sur la liste de la gauche unie, lors des élections municipales au Havre de 1971. Ce que ne fit pas Louis Pointier, qui fut, en conséquence exclu du PSU.

    En 1974, Michel Rocard se ralliant à François Mitterrand, il entraina avec lui plus d’un millier d’adhérent passant du PSU au Parti Socialiste. Alors devenu secrétaire de la section PSU du Havre, malgré certaines pressions, venues notamment de la CFDT, Paul Réguer continua à porter le flambeau du PSU. Élu à la direction politique nationale du PSU au congrès d’Amiens de décembre 1974, il fut candidat de ce parti aux élections législatives partielles de 1975, suite au décès du Docteur Georges. C’est Antoine Rufenacht – futur maire du Havre en 1995, qui fut élu dans ce fief de la droite havraise, le PSU ne réalisant qu’un score de 1,3%.

    En 1977, aux élections municipales de mars, il fut de nouveau élu, avec Jean- Philippe Sourd, conseiller municipal sur la liste conduite par André Duroméa. Conseiller municipal délégué, il sera chargé de l’habitat ancien à la commission d’urbanisme. En 1983, ayant déménagé pour Ecrainville, à une trentaine de kilomètres du Havre, Paul Réguer ne se présenta plus aux élections municipales.

    En 1988, alors qu’il n’a plus de responsabilités de cadres au PSU, il soutient la candidature de Pierre Juquin aux élections présidentielles et préside un meeting au Havre en présence de Gilles Perrault.

    Il sera solidaire aux côtés de Jacques Gaillot l’évêque déchu d’Évreux, qui à la suite de sa révocation du diocèse d’Évreux en janvier 1995 fut désigné évêque de Partenia du nom du diocèse virtuel qui lui fut « attribué », ce qui lui permit une présence permanente auprès des petits, des exclus, des « sans » (sans travail, sans logement, sans papiers).

    Sa vie professionnelle débute lorsqu’ il entre à la Compagnie Générale Transatlantique en avril 1949 au Havre, en tant que personnel sédentaire. En mai 1951, il embarque sur le « San Mateo » puis sur « l’Alabama » et le paquebot « Ile de France » qui assurait la liaison entre Le Havre et New-York.

    Débarqué pour des raisons de santé, il dut gagner sa vie dans divers emplois. Encouragé par des amis enseignants, il décida de reprendre ses études à 30 ans en 1958. Muni du Baccalauréat, il s’inscrivit à la Faculté de Caen en « propédeutique », pour la préparation du Certificat d’Études Littéraires Générales Classiques, diplôme qu’il obtint en 1962

    De 1958 à 1964, Il devient surveillant d’externat au Centre Public d’Apprentissage « Les Vikings » au Havre avant d’être nommé surveillant général au Lycée technique d’État de Caucriauville, toujours au Havre. Après avoir passé le concours de Conseiller principal d’éducation, il fut nommé en cette qualité dans le même établissement en 1973.

    Il fut adhérent d’Ensemble ! dès sa création, en 2013. La distance, l’âge et sa santé ne lui permettait plus de venir à nos réunions. Toutefois, il restait présent par courriels interposés, et lors de grandes occasions, ou lorsque la cause à défendre lui tenait à cœur, comme par exemple lors de cette manifestation pour les droits des Roms.

    Paul Réguer

    À Écrainville, il restait passionné par les chevaux, et était devenu éleveur de poneys Connemara.

    Dans ce moment difficile, nous pensons à Christiane, son épouse, et à Daniel, son fils, et les assurons de notre profond respect pour ce combattant qui nous quitte, mais restera dans la mémoire ouvrière du Havre.

    Au nom de tous et toutes les militant-e-s d'Ensemble ! Le Havre,

    Gilles

     

    Merci au Maitron, le dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social, qui lui a consacré une notice, sans laquelle retracer l'histoire de Paul (une partie de son histoire !) aurait été impossible. Et merci à Jacques Defortescu qui a rédigé cette notice du Maitron

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  • Commentaires

    1
    John Barzman
    Jeudi 5 Mars à 07:43

    C'était un lien avec le PSU qui avait exprimé la radicalité des années 1960 et 1970, qu'il faut maintenant faire fructifier.

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