• Claude "Gabriel" JacquinSale temps pour nos anciens. Trois jours après Maya, c'est Claude Jacquin, que beaucoup d'entre nous connaissaient sous le pseudonyme de Gabriel, qui s'est éteint dans la nuit du 16 au 17 avril.

    Ci-dessous, l'hommage écrit par Pierre Rousset sur le site "Europe solidaire sans frontières :

    "Nombre d’entre nous le connaissions depuis longtemps sous son nom de plume, Claude Gabriel. Né Jacquin en septembre 1947, il s’est éteint dans la nuit du 16 au 17 avril. Depuis une décennie, il était atteint d’un cancer qui s’est avéré incurable. Le mal le réduisait parfois au silence, mais dès que possible, il reprenait le fil de ses engagements, continuant à faciliter les relations militantes entre l’Afrique du Sud et la France, analysant l’actualité, menant un débat tenace pour que la gauche radicale intègre les réalités présentes. Jamais, avant la fin, la maladie n’a pu le forcer à l’abandon.

    Membre en France de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), il a intégré dans les années 1980-1990 la direction de la Quatrième Internationale. Il est resté dans nos mémoires avant tout pour les liens qu’il a tissés en Afrique subsaharienne et dans le lancement de la publication Afriques en lutte. Il a cependant, pendant cette période, également suivi le travail jeune et les activités des sections de la QI en Europe occidentale – ainsi que contribué aux sessions de formation organisées à l’Institut d’Amsterdam (IIRE), où se retrouvaient trois mois durant des militantes et militants venus de divers continents.

    Riche d’une expérience polyvalente, Claude fait partie des membres de notre génération qui ont maintenu leurs engagements initiaux, tout en cherchant sans cesse à repenser les conditions changeantes de l’action. Sans perdre des yeux l’Afrique, il s’est « recentré » sur la France et l’Europe en intégrant le Groupe Apex-Isast, « au service des élus, des comités d’entreprises et des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) ». Son activité professionnelle lui a permis d’acquérir une connaissance en profondeur des évolutions de nos sociétés et, notamment, du tissu industriel à l’heure de la mondialisation. Claude avait pour constant souci de faire partager cette connaissance, notamment avec des courants radicaux investis sur le terrain syndical, discutant mots d’ordre et perspectives ; il a malheureusement reçu moins de réponses à ses invites au débat que les questions abordées ne le méritaient.

    Claude a participé à la fondation du NPA, puis l’a quitté avec la Gauche anticapitaliste quand elle a rejoint le Front de Gauche. Toujours « quartiste », il était membre d’Ensemble !, la « troisième composante » du FdG.

    Sans chercher à s’imposer, ces dernières années en particulier Claude avait pour ambition d’aider – par le débat, mais aussi en provoquant des rencontres entre mouvements, entre personnes. Nous nous étions au fil des années un peu perdus de vue – quand nous avons renoué, c’était d’emblée en amis. Des amis, il s’en est fait et de très proches, comme en témoignent les premiers messages venus d’Afrique du Sud, peu après son décès. Mercia se rappelle qu’elle l’a pour la première fois attendu à l’aéroport de Cape Town il y a 34 ans de cela. Elle se sent « dévastée » par l’annonce de sa mort, tant il a non seulement été proche de la famille (y compris du chien Sandy), mais à « profondément marqué » sa« conscience et son militantisme politique ». Pour Brian aussi, compagnon de Mercia, Claude a eu « la plus grande influence politique dans [sa] vie ». « Il a tant donné sans rien attendre pour lui même. Il voulait seulement aider ».

    En un jour déjà, des manifestations de solidarité et de tristesse sont arrivées d’Afrique du Sud, du Sénégal, d’Inde, de Pologne, d’Italie, d’Espagne, du Portugal, de Suisse, de Belgique… Claude était un internationaliste. L’hommage à sa personne et à son engagement ne peut qu’être international.

    Avec une pensée pour sa compagne, Sylvie, qui l’a accompagné durant sa maladie"

    Vous pouvez encore visiter son blog sur notre site national.


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  • Maya Surduts, infatigable militante des droits des femmes."Les nôtres"...Nous n'aurions pas pensé devoir ouvrir une telle rubrique sur ce blog, mais la disparition de Maya Surduts ne pouvait, ne devait pas passer inaperçue, après tant d'années passées au service des droits des femmes, et de la lutte politique en général.

    Ci-dessous, nous relayons le communiqué national d'Ensemble ! :

    Elle était Maya pour nous toutes (et tous), infatigable militante du droit des femmes, battant le pavé, ne ratant jamais une réunion, un meeting, une manifestation, fiévreuse et passionnée, de sa belle voix de contralto, elle fustigeait ses “adversaires”, refusait toutes les compromissions, adorait discuter pendant des heures...

    La mort habille mal les militant-e-s. Elle va plus mal encore à notre amie Maya Surduts, de son vrai prénom “Merija”, juive et Lettonne, réfugiée, révolutionnaire, féministe.

    Son aventure militante commença à Cuba dans les années soixante. Elle y resta 7 ou 8 ans avant de se faire virer par le régime Castriste qui la trouvait fort contestataire. Elle entra alors à Révolution!, organisation des années soixante dix, et au MLAC, Mouvement pour la libération de l’avortement et de la contraception. Elle en fut très rapidement une figure emblématique, un modèle pour beaucoup d’entre nous, à l’heure où nombre de femmes mouraient encore d’avoir voulu choisir leur vie. Inoubliable période qui se termina par une victoire et scella pour toujours ce sentiment nouveau qui nous remplissait d’ivresse et de fierté : ensemble, nous étions fortes, différentes, nous changions la vie.

    Le féminisme alors chevillé au corps à partir de cette expérience forte et historique, Maya ne quitta jamais son combat, à la LCR pendant de très nombreuses années, à la Gauche Unitaire puis à Ensemble ! et surtout à la CADAC et au Collectif National des droits de Femmes.

    Image inoubliable de femme, belle, rebelle, indépendante et volontaire, qui puisait ses racines loin, dans cet entre deux-guerre, de persécutions contre les juifs et les communistes, elle avait construit sa pensée politique dans les guerres d’indépendances anti-colonialistes et anti-impérialistes, et avait parcouru toutes les aventures militantes des années soixante-dix à nos jours. Maya n’aura jamais posé ses valises.

    Elle nous laisse des milliers de souvenirs, belle silhouette de femme énergique que rien, ni personne n’intimidait, qui put paraitre austère du fait de son intransigeante passion, mais dont nous connaissions aussi la grande tendresse de l’amitié entre femmes qui partageaient les mêmes idées, l’humour des moments de joie et de rires, la générosité de cette superbe ainée,qui força bien souvent notre admiration.

    Adieu Maya.
    Impossible d’imaginer que tu ne seras pas à la prochaine manif.
    Au moins dans nos pensées.

    Cet hymne la symbolise si bien :

    Le temps de la colère, les femmes
    Notre temps, est arrivé
    Connaissons notre force, les femmes
    Découvrons-nous des milliers !

    Le 13 avril 2016.


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