• Ils veulent vivre mieux ? Qu'on refasse la moquette ! (Marie-Antoinette, décembre 2018)

    Ils veulent vivre mieux ? Qu'on refasse la moquette ! (Marie-Antoinette, décembre 2018)(Photo ci-contre : illustration de la politique gouvernementale : « le cap est bon, et nous allons le tenir » Edouard Philippe, 18/11/2018)

    A l’heure où des dizaines de milliers de personnes sont dans les rues, aux carrefours, devant les ponts et les péages, nos monarques multiplient les provocations. La dernière en date étant le changement de la moquette de l’Élysée (qui sera d’un "moderne dégradé de gris et de beige") et la réfection de la salle des fêtes, pour la modique somme de 600 000 €.

    Plus que la somme, c’est le symbole qui choque. Après le silence obtus du gouvernement opposé aux légitimes revendications du mouvement des Gilets Jaunes, il y a de quoi alimenter l’impression (mais n’est-ce qu’une impression ?) que la survie du peuple français indiffère totalement nos dirigeant-e-s.

    Car contrairement à ce que l’on voit et entend trop souvent, ce n’est même plus du mépris, c’est de l’indifférence. Au moins, le mépris, c’est un sentiment. L’indifférence c’est « vous n’êtes rien ».

    Au démarrage du mouvement des gilets jaunes, nous étions sceptiques quant au réel apolitisme du mouvement, et, comme beaucoup, nous le pensions dirigé en sous-main par l’extrême-droite. Nous nous sommes trompés. Bien entendu, en quelques endroits, il y a eu des dérapages, bien souvent condamnés par les gilets jaunes eux-mêmes. Mais une révolution appartient au peuple qui la fait, et le peuple est multiforme. C’est dans le processus lui-même qu’il se politise – au sens noble du terme – comme on commence à le voir aujourd’hui, avec tous les cahiers de revendications qui émergent et qui ont remisé loin derrière la taxe sur les carburants : ce sont maintenant des revendications sociales qui sont mises en avant(1) .

    Le mouvement n’étant pas coordonné, ces revendications proviennent de plusieurs sources, mais, hormis deux ou trois avec lesquelles on ne peut pas être d’accord (renvoi des déboutés du droit d’asile par exemple) l’essentiel des demandes sont des revendications sociales élémentaires et de haute tenue.

    Il est donc de notre devoir de soutenir le mouvement, de toutes nos forces. Malgré les violences, quasiment inévitables lorsque la sensation d’injustice est poussée à ce point, il est encore soutenu par plus de 70% de l’opinion publique. Pour reprendre un vieux slogan, toujours d’actualité, les vrais pyromanes et casseurs sont à l’Elysée et à Matignon, pas dans la rue. Et cela n’a échappé à personne.

    L'impression d’injustice est exacerbée parmi les classes moyennes, et il est à noter que les revendications les concernant ne sont pas dirigées contre « ceux qui ont droit à toutes les aides », comme le ferait la droite et l’extrême-droite, mais contre les fraudeurs fiscaux et les accapareurs des richesses produites par le travail de tous et toutes. Comment accepter un impôt qui, pour les classes moyennes, augmente d’année en année, alors que les services publics ferment les uns après les autres, que tous les biens publics sont vendus au privé. Comment accepter que le fruit de notre travail, que nous donnerions volontiers pour améliorer la vie de nos concitoyen-ne-s, ne servent qu’à augmenter le CICE – qui a prouvé son inefficacité –, à « sauver » les banques qui spéculent impunément avec notre argent, à abreuver les actionnaires (Ne devrait-on pas plutôt les appeler « ponctionnaires » ?) des grandes entreprises.

    Alors oui, ce mouvement est légitime et nous le soutenons. Quoi qu’il arrive, il aura grandement élevé le niveau de conscience des travailleurs et travailleuses du pays. Mais, bien entendu, cela ne suffit pas : il doit être victorieux !

     

    (1) https://www.giletsjauneslemouvement.com/blog/sortir-de-la-crise-par-le-haut  ou : https://www.rtl.fr/actu/politique/gilets-jaunes-taxes-assemblee-citoyenne-glyphosate-toutes-leurs-revendications-7795734808, ou encore : https://www.lci.fr/politique/gilets-jaunes-baisse-des-taxes-et-retour-de-l-isf-suppression-du-senat-hausse-des-retraites-et-du-smic-les-multiples-revendications-du-mouvement-2106066.html

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