• Fessenheim : pas de fermeture sans reconversions garanties, dans la région.

    (NDLR : Nous reproduisons ici une contribution envoyée par un de nos adhérents. Elle ne représente donc pas forcément la position majoritaire de notre mouvement, mais il s'agit d'un apport à la discussion sur le sujet de l'énergie nucléaire et les énergies alternatives, qui traverse notre mouvement comme d'autres. )

    Fermer Fessenheim ne doit pas rimer avec relancer Paluel !

    Fessenheim : pas de fermeture sans reconversions garanties pour les travailleurs-euses, dans leur région.Le gouvernement, les patrons d’EDF et leurs partenaires entrepreneurs veulent lier la fermeture de Fessenheim à la réactivation rapide de la centrale de Paluel et à la relance du chantier de Flamanville en Normandie. En effet, dans les négociations avant l’accord du 24 janvier 2017, le gouvernement menaçait, au cas où EDF ne votait pas sa proposition de fermeture et d’indemnisation de la centrale de Fessenheim, de ne pas permettre la poursuite du chantier de Flamanville et de ne pas relancer le réacteur numéro 2 de la centrale nucléaire de Paluel (Seine-Maritime), en arrêt prolongé à la suite de la chute d’un générateur de vapeur de 450 tonnes dans le bâtiment réacteur. Les habitants de la Normandie ont donc été sacrifiés aux appétits des nucléocrates.

    En vérité, les centrales de Paluel et Penly sont vieillissantes comme Fessenheim. Les réparations et la mise en conformité avec les nouvelles règles de sécurité adoptées après Fukushima coûtent cher. Dans Le Parisien du 19 janvier 2017, Pierre-Franck Chevet, directeur de l’Agence de sécurité nucléaire appelée familièrement « le gendarme du nucléaire », estimait que les difficultés financières d'Areva et EDF font peser un risque sur la sûreté des centrales. Ces deux entreprises vont être tentées faire des économies sur les mesures de sécurité, déjà peu convaincantes.

    Abandonner le chantier de l'EPR de Flamanville !

    Ce chantier ne sera pas terminé quand son autorisation s’achèvera. Les retards viennent de la conception initiale, non conforme aux mesures de sécurité en vigueur à la date de son ouverture et encore moins conforme aux nouvelles mesures de sécurité, A cela s’ajoute la falsification des tests de qualité sur la cuve fabriquée et livrée par Creusot Loire dans laquelle une fêlure importante a été découverte. C’est un gâchis qu’il faut arrêter au plus vite.

    Nous devons tous être mieux protégés,  les Normands comme  les Alsaciens, les Suisses et les Allemands. Tous mieux protégés contre les dangers des centrales nucléaires françaises vieillissantes. La logique voudrait qu’après Fessenheim, deux, trois anciennes centrales nucléaires soient fermées au plus vite, qu’on arrête d’engloutir des sommes immenses dans cette énergie de plus en plus chère, dangereuse, dont les effluves, même en temps normal augmentent le taux de cancer des riverains, et au démantèlement de laquelle il faudra consacrer encore des milliards d’euros, au détriment de la prospérité et de la santé des générations futures.

    Les travailleurs de l’énergie et de la construction, les nombreux sous-traitants, affectés à ce secteur, ne devraient pas non plus être exposés à ces dangers et ne devraient pas faire les frais des erreurs du gouvernement et d’EDF. Le démantèlement de Fessenheim devrait être mené à bien par des équipes qualifiées avec une reconversion garantie des travailleurs et travailleuses de la centrale vers des emplois à qualification, perspective de carrière et proximité égales. Garantissons aussi aux travailleurs de Paluel et Penly la même reconversion digne. Le démantèlement prioritaire des centrales nucléaires doit être mené en même temps que le développement des sources d’énergie renouvelables et des économies d’énergie.  La transition doit être organisée par des consultations démocratiques au niveau national, au niveau des usagers et riverains, et au niveau des travailleurs de l’énergie.

    Un débat doit s’ouvrir dans le mouvement syndical et entre celui-ci et les associations écologistes, de riverains et d’usagers. Signalons que les positions syndicales ont déjà évolué à ce sujet et méritent d’être connues. La position de la Fédération nationale mines-énergie de la CGT sur les questions de transition énergétique peut être lue ici . Par ailleurs des secteurs du mouvement syndical international ont adopté le mot d’ordre « le réchauffement climatique global est mauvais pour les ouvriers » (voir, pour les familiers de la langue de Shakespeare, ce blog.).

    Dans ce domaine comme dans d'autres, le dialogue et l’unité d’action sont urgents.

    M. LAMARE


  • Commentaires

    1
    Gilles
    Jeudi 26 Janvier à 23:06

    "Garantissons aussi aux travailleurs de Paluel et Penly la même reconversion digne" : Il y aurait en effet des possibilités, pour ces deux sites qui sont au bord de la mer. Pourquoi par exemple ne pas y expérimenter les éoliennes flottantes ? Plus au large que les éoliennes off-shore, elles seraient conséquemment moins polluantes visuellement, et moins dommageables pour la pêche. Par la suite, La construction, la mise en œuvre et l'exploitation de ces éoliennes pourraient être confiées aux travailleurs et travailleuses reconverti-e-s. Même si je ne suis pas un fervent partisan des éoliennes, ce serait un pis-aller acceptable comme énergie de transition.

    2
    Mel Amar
    Samedi 11 Novembre à 18:43

    ======= Dangers du nucléaire et du charbon en France ==============
    Dans son 'plan climat' présenté jeudi 6 juillet 2017, le ministre de la Transition écologique et solidaire a fixé l'objectif de plafonner la part de nucléaire dans la production d'électricité à 50% à l'horizon 2025.
    Aujourd'hui (9 novembre 2017) il revient sur cette promesse et reprend les conclusions du gestionnaire du réseau d'électricité RTE et des nucléocrates. Il donne la priorité aux fermetures de centrale à charbon.
    L'énergie nucléaire est très dangereuse (accidents, émissions permanentes de particules, déchets) et chère; celle qui vient du charbon avec la technologie actuelle ajoute du carbone à l'environnement. Il faut évidemment aller vers les énergies renouvelables et non polluantes.
    Mais la PRIORITE est d'écarter le danger de catastrophes nucléaires à la Fukushima.

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