• Ce n’est pas à Macron de faire la leçon à Mélenchon !

    Alors que Macron perdait des points dans les sondages au profit notamment de Mélenchon, le Procureur de Paris a ordonné à une centaine d’agents de la police judiciaire le mardi 16 octobre 2018, d’opérer des perquisitions contre les locaux de la France Insoumise, du Parti de Gauche et aux domiciles de dirigeants connus de ces formations.

    Ils y ont saisi des archives, des factures, des disques durs, de la correspondance sans se soucier de distinguer ce qui relevait de l’enquête sur les comptes de la campagne présidentielle, des données concernant le fonctionnement démocratique et la vie personnelle des organisations et des militants.

    Ces descentes font suite à d’autres opérations policières au cours des deux dernières années, visant à perturber des manifestations en défense de l’environnement, contre la loi travail, pour l’accueil des réfugiés ou contre les réformes du bac, sous prétexte de violence potentielle, alors que ces actions pacifiques auraient en d’autres temps été considérées comme l’exercice normal de la démocratie. Sans compter les opérations coup de poing de Benalla à partir de l’Elysée.

    Des journaux, des chaînes de télévision et de radio et les réseaux Internet ont accordé une très large place à ces opérations judiciaires, en commentant bien plus l’accusation, non encore démontrée, de violation des règles du financement public des partis, que le caractère massif, non annoncé, faiblement justifié et inhabituel de ces perquisitions. Ils ont rarement signalé que les autres candidatures accusées de dérapages similaires mais bien plus conséquents, n’avaient pas subi les mêmes perquisitions massives et synchronisées.

    Le collectif Ensemble ! Le Havre s’élève contre ce détournement de la justice à des fins politiques et cette atteinte à la liberté de fonctionnement d’organisations populaires. Ce que le gouvernement fait aujourd’hui contre la FI, le PG et ses dirigeants, il peut le faire demain contre des organisations politiques comme le PCF, Ensemble, Générations, les Verts et même le PS, voire tout parti d’opposition, contre les syndicats qui n’acceptent pas la casse sociale comme la CGT, SUD, la FSU, ou contre des associations qui luttent contre le nucléaire, le glyphosate, les contrôles au faciès, les discriminations racistes, les agressions sexuelles, ou encore contre les expériences locales d’entraide, en un mot contre tous les mouvements qui gênent le pouvoir. Les prétextes ne manquent pas ; aucune organisation populaire n’est à l’abri d’erreurs. Mais ces erreurs doivent être corrigées par le mouvement lui-même afin de le renforcer et non par les organes de l’Etat, tentés de profiter de l’occasion pour l’affaiblir. Ensemble ! Le Havre appelle toutes les organisations attachées à la démocratie à s’opposer à ces opérations dirigées contre le mouvement populaire.

    En effet, un certain nombre de droits démocratiques sont inscrits dans les lois de la République, et les tribunaux doivent les appliquer ou donner l’impression de les appliquer en toute justice. Tout l’appareil judiciaire n’est pas télécommandé par l’Elysée. Des victoires démocratiques sont possibles devant les tribunaux si la cause est soutenue par un large mouvement.

    Ensemble ! Le Havre appelle les organisations démocratiques à riposter dans la sérénité, dans le pluralisme et dans l’unité.

    Il souhaite que les porte paroles des divers mouvements, partis ou associations s’expriment de manière à être compris et défendus par le plus grand nombre. Ainsi, il serait souhaitable que les porte-paroles réagissent avec sang-froid à toute provocation, car une colère légitime mais non maîtrisée, comme ce fut le cas ici,  est le plus souvent contre-productive.

    Nous rappelons enfin que tous les médias ne sont pas unis dans un complot pour la défense de l’ordre établi : certains sont des organes de l’Etat, d’autres sont possédés par des grands groupes capitalistes parfois rivaux, d’autres encore proposent un mélange de points de vue pour attirer la clientèle, mais surtout, certains sont véritablement indépendants des puissants et des riches. De même tous les journalistes ne sont pas des combattants fanatiques pour l’ordre établi : beaucoup sont des salariés, des syndiqués, des dissidents. Même ceux qui défendent Macron et le MEDEF ont le droit à leurs opinions.

    Le débat public, la liberté des journalistes et le pluralisme des média sont un moyen de lutte décisif contre le capitalisme et une composante essentielle de la démocratie socialiste(1) par laquelle Ensemble ! souhaite remplacer ce système .

     

    Ensemble ! Le Havre, le 27/10/2018

     

    (1) Nous n'avons pas trouvé de terme plus approprié ici que "démocratie socialiste", qui signifie pour nous "système alternatif au capitalisme". C'est à dire ce que ce mot signifiait avant que Hollande et le parti "socialiste" ne passe par là et fasse de ce mot ce que l'on sait, hélas !

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  • Commentaires

    1
    Jan Valtin
    Samedi 27 Octobre à 12:48
    Ensemble très juste et très équilibré !
    Merci à vous tous et toutes.
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